Semaine du 17 au 23 décembre

Une semaine de terrain durant laquelle j’ai souhaité – outre les rendez-vous individuels – rencontrer un maximum de gens, de générations et de secteurs différents. Je reste attentive aux préoccupations de chacun et je veux préserver ce contact pour toujours être au plus proche du quotidien des habitants de l’Archipel.

Le député, parlementaire national, ne peut être véritablement efficace pour son territoire que s’il est entouré et en lien avec les réseaux locaux. La politique participative, c’est-à-dire l’écoute, le dialogue, la force de proposition, la concertation et enfin les choix, est et restera, ma ligne de conduite.

C’est également pour rester dans cette orientation que le travail de groupe est important et que je souhaite que les membres du mouvement « Cap sur l’Avenir » gardent tout leur dynamisme et leurs implications multiples dans la vie sociale de l’Archipel, pour que notre travail commun continue à être efficace.


Il m’est impossible de passer sous silence l’actualité du Conseil territorial qui a pris une grande part de mon attention cette semaine. Certes, celle-ci concerne en premier chef les conseillers de Cap sur l’Avenir (dont je fais partie) et le mouvement politique s’exprimera après les fêtes sur ces deux jours qui marqueront l’histoire politique de l’Archipel d’une bien triste de façon : ni plus ni moins que par le déni de la démocratie à Saint-Pierre-et-Miquelon. Je veux cependant ici réaffirmer mon désaccord sur la gouvernance du Président du Conseil territorial dans ce cas précis.

Tout d’abord, M. ARTANO a négocié « en solo » ce protocole de restructuration financière de la Collectivité. En effet, pas une seule fois durant les quatre mois de négociation et d’échanges avec l’Agence française de Développement (AfD) et les services du Secrétariat d’Etat à l’Outre-mer (SEOM), le président n’a souhaité évoquer ce sujet avec les parlementaires ou les conseillers territoriaux pour prendre leur avis.
Plusieurs conseillers de la majorité ont d’ailleurs, comme nous tous, été mis devant le fait accompli. Le Président du Conseil territorial impose au conseil, comme à la population, un protocole soi-disant dicté (!!) par l’Etat. Du moins ce sont ses propos sur les ondes de RFO. Il semblerait qu’il soit plus facile pour lui de faire le « fier-à-bras » sur son île que de convaincre et s’imposer à Paris.

Notre président n’aime pas être contrarié sur « ses terres », chacun a pu le constater ce mercredi 18 décembre 2007… Quelques manifestants s’étant pacifiquement « invités » à la séance du Conseil territorial afin d’obtenir enfin des réponses à leurs questions, M. ARTANO décide, dans la plus grande opacité, de « délocaliser » la séance du Conseil, à une heure tardive et à huis clos !
Une réaction pour le moins démesurée face à une manifestation bien pacifique.

Cette décision de réunion nocturne à la SODEPAR, à huis clos, sous la protection de la gendarmerie nationale est choquante. Mais elle est surtout illégale sur la forme et sur le fond, nous le savons aujourd’hui. Trop de précipitation et d’assurance auront conduit le jeune président entêté, à ne pas lire en détail le nouveau statut de l’Archipel. Le huis clos est possible, mais le législateur a bel et bien prévu de poser dans tous les cas une protection pour éviter les abus de pouvoir et protéger la démocratie et le citoyen.

Une attitude dictatoriale mais révélatrice sur la méthode en tout cas, même si elle n’a rien de nouveau. Elle consiste à diviser pour mieux régner et brouiller les cartes pour mieux perdre les joueurs. Montrer du doigt certaines catégories de la population pour mieux faire passer d’autres mesures plus globales, tenter de monter une partie de la population contre une autre pour faire écran de fumée, sont des jeux bien dangereux.

Plus ridicule est l’attitude qui consiste à dire : « Madame le maire n’a pas présenté son protocole avant de le faire voter à sa majorité, alors pourquoi moi j’aurais dû le faire ?!!
C’est une réaction puérile, digne d’un enfant pris la main dans le sac.
De plus, c’est totalement faux, Madame le maire se chargera sans aucun doute de rafraîchir la mémoire de Monsieur ARTANO.

Certes, les finances des collectivités doivent être soutenues par l’Etat pour que leurs dettes soient amoindries et leurs dotations de fonctionnement renforcées. C’est d’ailleurs le combat que j’ai mené dans les ministères et à l’Assemblée depuis plusieurs mois, pour renforcer les demandes des élus locaux.
Ce fut également le sens de mon amendement, inscrit aujourd’hui dans la loi de finances pour 2008, sur l’évaluation des déficits structurels des collectivités et le calcul de leur compensation financière. Le Président aura « oublié » cette possibilité dans le protocole !!!

Pour sauver l’archipel une seule voie est possible : celle du développement économique. C’est là que nous devons mettre toute notre énergie. C’est à cette seule condition que nous obtiendrons des moyens pour construire l’avenir de nos îles et que nous aurons une chance de voir nos enfants et nos petits-enfants rester au pays.
La réflexion sur le schéma de développement économique doit commencer au plus vite et elle doit se mener avec toutes les forces vives de l’Archipel.
Elle ne sera possible que si les constats et les orientations sont discutés et partagés. L’initiative doit venir du Conseil territorial. Le développement économique est de sa compétence et il est plus que temps, après deux ans de gouvernance, que l’équipe d’Archipel Demain lance cette réflexion.
Comme d’autres, chacun à son niveau, j’ai entamé une réflexion au sein de mon groupe, mais c’est tous ensemble qu’il nous faut avancer sur un schéma d’avenir.

Je vous souhaite à toutes et à tous de joyeuses fêtes de fin d’année.

Annick GIRARDIN