Budget 2010 "Recherche et enseignement supérieur" : pour une France qui assume sa vocation maritime

Ce lundi 9 novembre, dans le cadre de l’examen des crédits « Recherche et enseignement supérieur » du budget 2010 de la France, Annick Girardin est intervenue à deux reprises :

D’abord, pour appeler un effort sans précédent en faveur de la recherche maritime, qui permettrait à la France d’assumer pleinement la vocation maritime qui doit être la sienne, sur l’ensemble des océans du Monde grâce aux départements et collectivités d’Outre-mer.
A ce titre, le député a souligné qu’à Saint-Pierre-et-Miquelon, d’après les documents budgétaires, « l’effort » de recherche maritime de l’Etat se résume à 80 000 euros annuels (!!!), c’est-à-dire le budget de fonctionnement de la station IFREMER locale, ce qui démontre à quel point les moyens consacrés aujourd’hui à la Mer sont sans commune mesure avec l’ampleur du potentiel et des enjeux pour la France.

Mme Annick Girardin. Dans ce budget, si on fait abstraction de l’IFREMER, l’effort pour la recherche maritime n’est ni assez visible, ni assez lisible – et cette observation est à la fois une critique et un souhait pour l’avenir. À la différence en effet de la recherche agricole, clairement identifiée sous des programmes spécifiques consacrés par exemple à l’alimentation ou à la sécurité alimentaire, la recherche maritime n’est envisagée que sous l’angle de la gestion des milieux.

J’ai bien entendu certaines de vos réponses, comme votre volonté de cohérence et de performance en la matière ou votre souhait de créer autour de l’IFREMER une alliance pour les sciences de la mer, à laquelle vous entendez confier la gestion de la flotte. Cependant, comme l’a déclaré notamment le PDG de l’IFREMER, cette alliance doit pouvoir assurer une programmation conjointe et être présente sur toutes les zones maritimes de la France. Les meilleurs outils du monde ne remplaceront jamais une véritable volonté de l’État de donner à la France les moyens d’assumer pleinement sa vocation maritime.

Pouvons-nous être plus vigilants quant à la présence de la France dans les missions scientifiques internationales ? Je pense en particulier à une grande mission que viennent de lancer le Canada, le Royaume-Uni et l’Espagne sur Saint-Pierre-et-Miquelon dans le cadre de l’Organisation des pêches de l’Atlantique du Nord-Ouest – l’OPANO – et à laquelle la France, volontairement ou par méconnaissance, ne participe pas. Votre budget pour 2010 donnera-t-il de nouveaux moyens dans ce domaine, compte tenu notamment du Grenelle de la mer et des propos qu’a tenus vendredi le Président de la République sur l’outre-mer et la place que les ministères doivent faire à celui-ci dans la recherche et dans un développement économique tourné vers les nouvelles ressources alimentaires, la santé, les énergies renouvelables et les hydrocarbures ?

Mme Valérie Pécresse,
ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche. Madame la députée, vous avez tout à fait raison. Le Grenelle de la mer pourrait être l’occasion de faire, même si l’exercice est difficile, un bilan utile de l’ensemble des recherches consacrées à la mer. Ce sera du reste l’un des objectifs de l’alliance de la mer. Beaucoup de moyens ont toutefois été consacrés récemment à la mer, notamment dans le cadre du plan de relance pour la flotte. Il serait assurément bon de disposer à cet égard d’un bilan consolidé.

Annick GIRARDIN est également intervenue à la demande de sa collègue Député de Guyane, Chantal BERTHELOT, pour souligner des préoccupations budgétaires propres à cette région en matière d’enseignement supérieur.

Mme Annick Girardin. Je souhaite vous faire part de la préoccupation de Mme Chantal Berthelot, Député de Guyane. Les crédits « Recherche et enseignement supérieur » s’élèvent en Guyane à 97 millions. Or, il semble que plus de 76 millions correspondent à l’action « Recherche spatiale »… Confirmez-vous cette répartition ? Comment expliquez-vous une telle confusion ?

Mme Valérie Pécresse,
ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche. Concernant les crédits de l’enseignement en Guyane, je ne suis pas en mesure de vous répondre, madame la députée. Ayez l’obligeance de dire à Mme Berthelot que je lui adresserai une réponse écrite.