La télémédecine, télésanté… des solutions d’avenir pour SPM ? (suite)

telemedecine.jpgSi bien entendu la télésanté ne saurait être la solution à toutes les problématiques de santé que rencontre l’Archipel, cette offre supplémentaire apporterait un mieux-être et serait une réponse adéquate à certaines pathologies et urgences ou encore certains suivis médicalisés. Cette technologie devrait également être très utile et faciliterait l’accès aux examens et aux diagnostics des personnes handicapées et des personnes âgées dépendantes.

C’est indéniablement un atout au service de la population de Saint-Pierre, mais encore plus de celle de Miquelon qui subit une double insularité géographique et donc un éloignement encore plus pénalisant de l’offre de soins.

Les objectifs de la télésanté sont, in fine, d’améliorer la qualité et de mieux garantir l’égalité d’accès aux soins. C’est aussi d’améliorer l’efficience du système de santé et permettre un plus grand confort dans la prise en charge des malades. C’est également faciliter l’accès à l’expertise la meilleure, pour tous et partout.

Pour être concrète, voici quelques exemples de ce que pourrait nous apporter cette évolution technique :

  • Une unité de dialyse médicalisée qui permettrait au patient de l’Archipel de subir son traitement tout en restant sur son lieu de résidence, avec en permanence un néphrologue en contact visuel pour accompagner le soignant (infirmier spécialisé) qui se trouve auprès du patient afin de le sécuriser. Cela créerait un cadre de qualité et un confort qui permettraient à quelques-uns d’entre nous de « mieux vivre » leur maladie dans l’Archipel. Même chose pour d’autres maladies chroniques comme le diabète ou les insuffisances cardiaques.
  • La télé échographie (robotisée ou non), là encore serait un plus qui permettrait des diagnostics rapides, plus performants, car les spécialistes pourraient immédiatement donner un premier avis qui permettrait une meilleure orientation (évacuation ou pas), une médicamentation adaptée, un suivi du malade à distance, sans nécessité de déplacement systématique. Une qualité accrue dans le service et un gain de temps indéniables.
  • La télé AVC (accident vasculaire cérébral) permettrait une prise en charge plus précoce des patients et la mise en route d’un traitement efficace dans les 4 heures. C’est une spécialité où la télésanté serait un atout inestimable pour notre territoire éloigné.

A mon sens, la télésanté ou télémédecine est une ambition, une opportunité et un devoir. Bien entendu, cela demande que, sur le territoire, il y ait une dynamique et une volonté des professionnels de la santé, comme j’ai pu l’observer en Guyane, mais cela nécessite également de sécuriser et responsabiliser les acteurs par la mise en place d’un nouveau cadre juridique.

Bien entendu, des moyens financiers adéquats doivent être mobilisés, car les investissements peuvent être lourds. Mais comme dans bien d’autres domaines, il ne nous faut pas trop tarder, au risque de rater encore une fois le train. Un fort soutien financier national est prévu en 2011 ; plus de 77 millions d’Euros ont, ou vont être attribués par l’Etat à des projets de télésanté dans chaque région.

Annick GIRARDIN