Les journées parlementaires du groupe RRDP

Le groupe RRDP – au sein duquel siègent en grande majorité des députés Radicaux de Gauche (dont la Députée de Saint-Pierre et Miquelon) – tenait ses journées parlementaires les 19 et 20 septembre dernier. Ce type de rencontres est important, car c’est l’occasion pour les parlementaires d’une même famille politique de se réunir et de débattre librement des grandes orientations politiques du groupe, mais aussi des projets de loi à venir dans ce premier semestre.

Ont donc été évoquées les questions budgétaires, économiques et sociales, avec notamment la loi de Finances pour 2013 (PLF) et la Loi de financement de la Sécurité Sociale (PLFSS). Il a aussi été question du dialogue social au plan national et dans l’entreprise.

Les réformes institutionnelles ont aussi été très débattues et les positions sont, sur certains points, fortement partagées, notamment sur le cumul des mandats, la réforme des modes de scrutin applicables aux élections sénatoriales et législatives, le statut de l’élu, mais aussi le changement du mode de désignation des présidents des chaînes publiques de radio et de télévision ou encore le mode d’élection des représentants français au Parlement européen.

Les questions sociétales n’étaient pas en reste, entre autres sur les questions du respect de la laïcité ou encore sur le droit à mourir dans la dignité, pour lequel le dépôt d’une proposition de loi par le groupe RRDP est envisagé.

A noter que deux rencontres avec des ministres avaient été organisées dans le cadre de ces journées. La première avec Anne-Marie ESCOFFIER, Ministre déléguée chargée de la décentralisation, sur l’importante réflexion que mène en ce moment le gouvernement, que l’on peut appeler préparation de  l’acte III de la décentralisation. L’objectif premier étant de répondre aux besoins des territoires et des populations et d’intégrer les spécificités des régions, tant en métropole qu’en Outre-mer, pour éviter le modèle unique.

A la veille du débat sur la ratification du Traité européen sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l’Union économique et budgétaire, les députés avaient souhaité entendre Bernard CAZENEUVE, le Ministre délégué aux Affaires européennes. Car, si le bureau du Parti Radical de Gauche a pris position pour un vote favorable à ce traité, il n’en demeure pas moins qu’à l’instar de certains de ses collègues, la Députée Annick GIRARDIN, européenne convaincue, estime qu’il est primordial d’avoir un débat franc et sans complaisance sur ce traité et sur le pacte de croissance issu des rencontres des 27 et 28 juin dernier.

Certes, le traité est un héritage bien lourd laissé par l’UMP. Certes, le Président François HOLLANDE a pesé de tout son poids pour arracher en juin dernier que la relance économique soit au coeur de l’action européenne et a ouvert des perspectives nouvelles, mais il faut maintenant changer profondément la politique de l’Europe, pour nous doter d’une véritable instance politique européenne et lutter contre les accords de libres-échanges qui pénalisent les pays membres. Il faut une véritable déclaration interprétative, construite avec les parlementaires, et qui sera votée avec le traité.

Quelle sera la politique à venir ? Quelle sera la dose d’austérité obligatoire au regard des  moyens que nous nous donnerons pour relancer la croissance en Europe et lutter contre la spéculation ? En résumé, quels seront les outils de la nécessaire évolution de l’Europe vers moins d’ultra-libéralisme ?

La grave crise économique européenne actuelle a frappé de plein fouet la Grèce, l’Espagne et l’Italie. Elle fragilise dangereusement la France, mais également l’Allemagne. Aussi, nous ne pouvons pas éviter le débat, même si le risque est grand de voir des positions radicales se manifester.