Retour sur un mois de juin très "maritime"

  • Jeudi 20 juin – Audition des directeur et président du pôle Aquimer

Le groupe Mer et Pêche a auditionné le jeudi 20 juin 2013 MM. Thierry Missonnier et Jean-Baptiste Delpierre, respectivement directeur et président du pôle Aquimer, pôle de compétitivité national basé à Boulogne-sur-Mer axé sur la filière des produits de la mer et la valorisation des produits aquatiques. L’audition a eu pour but de présenter les différentes étapes que doivent franchir les entreprises du secteur qui souhaitent mettre en place des projets innovants et qui demandent la labellisation Aquimer, ainsi que l’organisation de la filière pêche en France, sans oublier le fonctionnement des lycées professionnels maritimes, l’établissement FranceAgriMer et l’association France Filière Pêche. Enfin, l’entretien a permis d’aborder longuement le développement de l’aquaculture en France, et notamment quels en sont les principaux freins et contraintes aujourd’hui. En effet, il faut apprendre à faire face à la diminution des ressources, la baisse des quotas et une forte pression concurrentielle internationale. Il en est finalement ressorti que la France devait persister à  valoriser ses produits aquatiques et poursuivre ses efforts de recherche et développement pour être compétitive.

  • Lundi 24 juin – Rencontre des responsables de l’Agence européenne pour la sécurité maritime à Lisbonne

Didier Quentin et Annick Girardin, tous deux députés de la Commission des affaires européennes, se sont vus chargés d’un rapport sur le transport maritime en Europe. Rapport qui devrait être rendu pour la fin de l’année 2013. Le premier thème travaillé est la sécurité maritime, c’est pourquoi le 24 juin dernier ils se sont rendus à Lisbonne pour rencontrer les responsables de l’Agence européenne pour la sécurité maritime (EMSA), qui contribue à renforcer la sécurité maritime dans les eaux communautaires afin de réduire les risque d’accident, de pollution et de décès en mer. Elle est aussi responsable de la prévention des rejets d’hydrocarbures, des opérations de dépollution, et de la surveillance, de l’identification et du suivi des navires. Pour parvenir à ses objectifs, elle assiste donc la Commission dans l’élaboration et la mise en œuvre de la législation au sein de l’Union Européenne.

  • Mardi 25 juin – Réunion sur les enjeux du pilotage maritime et les inquiétudes de la profession

Un entretien avec MM. Christophe Reux, Président du Pilotage de la Gironde, Frédéric Moncany de Saint Aignan et Philippe Casanova, respectivement Président et Secrétaire Général de la Fédération Française des Pilotes Maritimes.

La rencontre a permis d’aborder la sécurité maritime au sens large, mais aussi la problématique vérifiant que le nouveau règlement portuaire européen, en cour de débat, ne vienne pas remettre en cause l’organisation française des pilotes maritimes. En effet, cette mission de service public satisfait actuellement l’ensemble des clients et partenaires.
D’un port à un autre, le coût du pilotage (fixé par les Préfets et supporté par les armateurs) varie mais de façon générale et selon une étude réactualisée de 2008, il représente environ 5% des coûts de passages. La rencontre a permis d’appuyer sur le fait que la France est le seul pays européen où l’implication des pilotes maritimes est si forte au sein de la vie portuaire. C’est pour cette raison qu’elle, mais aussi l’Allemagne, la Grande-Bretagne et l’Italie, s’opposent au projet de règlement des ports proposé par l’UE car elle n’adhère pas à la philosophie proposée, qui qualifie le pilotage comme service commercial, et estime qu’il n’est fondé sur aucun besoin solide et concret.

  • Mercredi 26 juin : réunion du groupe d’études sur l’Arctique, l’Antarctique et les TAAF : Des territoires méconnus de la plupart  des français et des potentiels économiques futurs.

Invité par le groupe d’études, M. Pascal Bolot, Préfet et administrateur supérieur des Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF) est venu  présenter ce territoire aux spécificités bien particulières, notamment ses enjeux maritimes et sa souveraineté.  Les TAAF, collectivité ultra-marine encore trop méconnue des français, représentent tout de même 20% du total de la Zone Economique Exclusive française (85% pour la partie océan Indien) avec une superficie maritime de 2,3 millions de Km². En 2009, les TAAF ont déposé trois dossiers (Kerguelen, Crozet et Saint-Paul & Amsterdam) à la commission de l’ONU afin d’élargir leur territoire, et donc leurs ressources. Il faut savoir que les TAFF disposent de deux budgets : un principal et un de réserves naturelles qui représentent 30 millions d’euros, dont 25% provient des dotations de l’Etat et 75% des prestations et matières premières exploitées. La principale source de revenus est la pêche – à la langouste et la légine – qui engendre 4,5 à 5 millions d’euros, mais les TAAF peuvent également compter sur le tourisme (350 000 euros), les contrats scientifiques (1,5 million d’euros), l’activité de philatélie (1 million d’euros), l’impôt sur le revenu des travailleurs temporaires des TAAF, la gestion des navires et la vente de carburant. Et comme tout territoire maritime, ce qui leur coûte le plus reste la logistique et le ravitaillement.

Le site officiel des TAAF

  • Mercredi 26 juin – Armateurs de France : les urgences de la filière du transport et des services maritimes français

Cette réunion avait pour objet la présentation des problématiques du secteur du transport et des services maritimes français et de ses enjeux à neuf parlementaires impliqués sur les questions maritimes, dont Annick Girardin. Pendant l’hiver, elle s’était d’ailleurs exprimée sur le sujet du shipping dans une question d’actualité au Ministre délégué chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche M. Frédéric Cuvillier. Après l’introduction, la compétitivité a également été évoquée, tout comme la réforme de la loi de 1992 sur la sécurité et les approvisionnements stratégiques.
Aujourd’hui, l’industrie des armateurs en France ne représente pas moins d’une centaine d’entreprises (plus de 1 000 navires) fournissant 22 000 emplois directs. Elle est le pivot de la plupart des importations et exportations françaises, contribue au développement de l’activité portuaire et logistique, mais profite aussi à la filière industrielle de construction et d’équipement des navires et à la filière du secteur tertiaire qui lui est dédiée. Pourtant, le transport maritime est confronté à une grave crise depuis cinq ans, et bon nombre de compagnies sont aujourd’hui menacée, si elles n’ont pas déjà disparues. Les armateurs français souhaitent donc affronter la crise en se concentrant sur l’emploi. Il est donc nécessaire de maintenir ce qui existe, travailler sur de nouvelles pistes et provoquer le réveil de la conscience collective.