Allocution pour l'Iftar en l'honneur des ambassadeurs des États de l'Organisation de Coopération Islamique (OCI)

Avec Dalil Boubakeur.

Avec Dalil Boubakeur.

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, Messieurs les Responsables de l’islam de France,

Monsieur le Ministre, Chers Amis,

Cet Iftar est le moment, pour les autorités françaises et pour moi-même, de marquer notre considération envers le monde islamique, dont vous représentez ici ce soir toute la richesse et la diversité. Je voudrais à cet égard vous passer trois messages, au nom de Laurent Fabius et du gouvernement français.

1/ Tout d’abord, je voudrais souligner que nos relations avec l’OCI ont continué à se renforcer depuis un an.

Les troisièmes consultations politiques bilatérales ont eu lieu à Paris en février et notre dialogue n’a pas cessé depuis. Je pense en particulier aux crises, comme celles du Mali ou de la République centrafricaine, où l’OCI apporte une contribution appréciée en faveur de la stabilisation de la situation. Nous avons agi de manière concertée pour bien montrer que la crise centrafricaine doit être prise pour ce qu’elle est.

Non pas une guerre de religion qui opposerait chrétiens et musulmans en tant que tels, mais des déchirements politiques et communautaires dont les motifs sont ailleurs. Et je tiens à réaffirmer ici l’impartialité de la force africaine et de la force française, qui ont pour seule mission le retour à la paix et à la sécurité, pour que la Centrafrique redevienne un pays divers et tolérant.

Je me réjouis que ces consultations politiques entre la France et l’OCI aient prévu l’organisation d’un séminaire commun de formation de jeunes diplomates sur la résolution des conflits.

2/ Mon deuxième message, c’est que la France et l’OCI partagent une préoccupation et une mobilisation communes pour renforcer la lutte contre l’extrémisme et le terrorisme international.

L’assassinat odieux survenu au Musée juif de Bruxelles en rappelle tragiquement l’urgence. Ainsi que la progression fulgurante en Irak de l’EIIL et sa volonté d’imposer son pouvoir de destruction et de mort.

L’engagement de la France est total et le restera.

On l’a vu au Mali. En Syrie, nous soutenons l’opposition politique et démocratique au régime, la Coalition nationale syrienne, qui fait seule rempart aux extrémistes, aux terroristes et au régime de Damas, en réalité alliés objectifs. Ils sont complices : le régime mène depuis trois ans une politique de la terre brûlée qui nourrit l’extrémisme et favorise ces groupes sur le terrain, à coup de libérations et de transactions pétrolières. En Irak, nous cherchons à favoriser une solution politique inclusive qui réponde aux préoccupations de toutes les communautés et permette au peuple irakien, uni, de faire front contre la menace terroriste.

Enfin, le gouvernement français a engagé un plan d’action pour prévenir le départ de jeunes français vers la Syrie, aveuglés par les mensonges de recruteurs sans scrupules ou fanatisés. Au-delà de l’action policière et judiciaire, qui est bien sûr nécessaire, des actions de soutien aux familles et de prévention sont pour la première fois mises en place. Je salue à cet égard la «convention citoyenne» publiée le 4 juin par le Conseil Français du Culte musulman pour marquer son rejet de la violence, du fanatisme et sa condamnation de toute menée subversive, terroriste ou criminelle, qui participe de cette logique.

3/ En dernier lieu, je voudrais saluer les représentants de l’islam de France présents avec nous ce soir (et en particulier, M. Dalil Boubakeur, président du Conseil français du culte musulman et recteur de la Grande Mosquée de Paris).

Le ministère des affaires étrangères et du développement international est très attaché aux relations nouées avec le CFCM et les différentes fédérations islamiques de France. Nous souhaitons développer l’invitation en France de dirigeants islamiques étrangers afin de faire mieux connaître la réalité de notre pays.

Car la France est un pays de liberté, où les musulmans peuvent pleinement pratiquer leur culte, un pays qui lutte contre les dérives populistes et xénophobes. La charte de qualité adoptée récemment par la coordination des agences de voyage du Hajj en est un exemple concret.

Je me réjouis à cet égard de la décision rendue publique hier par la Cour européenne des droits de l’Homme sur l’interdiction de la dissimulation du visage, qui montre que la France peut, sans violer la liberté de religion, prendre des mesures pour créer les conditions du vivre ensemble autour de nos valeurs républicaines communes, dont la laïcité est une pierre angulaire.

Car la laïcité, et je finirai sur ce mot, est un principe de liberté et de cohésion. Il doit d’être appliqué et vécu dans un esprit de concorde et d’apaisement, et c’est là l’engagement du gouvernement français.

Je vous remercie de votre attention et vous souhaite un excellent Ramadan. Ramadam Karimi !.