Au 20e anniversaire de Coordination Sud !

Annick Girardin a participé hier soir au 20ème anniversaire de la coordination nationale des organisations non gouvernementales françaises de solidarité internationale. Fondée en 1994, Coordination Sud rassemble aujourd’hui plus de 140 ONG, qui mènent des actions humanitaires d’urgence, d’aide au développement, de protection de l’environnement et de défense des droits humains auprès des populations défavorisées.

Dans le discours suivant, la secrétaire d’État a souligné l’importance que le gouvernement attache à ce partenaire incontournable de la politique de développement, notamment au sein du conseil national du développement et de la solidarité internationale.

 

 Cher Jean Louis, monsieur le président de Coordination Sud, Chers amis

Je vous remercie de m’avoir invité à célébrer avec vous les vingt ans de Coordination Sud.

Cet anniversaire c’est l’occasion pour moi de vous dire combien votre travail est important. C’est pour vous l’occasion de faire un bilan du chemin parcouru depuis le milieu des années quatre-vingt-dix jusqu’à aujourd’hui.

En vingt ans le chemin parcouru est impressionnant. Il témoigne de la vitalité du milieu associatif français que vous coordonnez, et qui ne se dément pas, malgré les difficultés que traverse notre pays, et qui ne vous épargnent pas.

La crise économique que nous traversons est en effet une épreuve pour tous ceux qui consacrent leur vie à leur engagement pour un monde plus équitable et plus solidaire.

C’est une épreuve pour vos associations qui en ce moment rencontrent, j’en suis parfaitement consciente des difficultés à boucler leurs budgets. C’est pour cela que malgré les difficultés budgétaires que vous connaissez nous avons choisi de doubler les financements pour les ONG. C’est aussi le symbole que même dans les moments les plus difficiles la France sait être solidaire.

Nous affrontons aussi ensemble une autre épreuve de taille : celle du repli sur soi qui touche notre pays, Les difficultés du quotidien conduisent beaucoup français à perdre de vue l’impératif de solidarité internationale.

C’est un défi immense pour vous comme pour moi. J’ai pu le mesurer lors du tour de France de la solidarité internationale que j’ai fait en novembre au côté des associations françaises mais aussi des collectivités territoriales.

Et je peux vous dire que quand un gamin de quinze ans, après une semaine d’initiation à la solidarité internationale au Maroc vient vous dire « c’était très différent de ce qu’on voit à la télé, en fait ils sont sympas et souvent plus solidaires que nous » on mesure d’abord l’ampleur du chantier de l’éducation au développement et à la solidarité internationale.

Mais on voit aussi toute la valeur du travail accompli par les milliers d’associations et de bénévoles partout en France. Ce travail là, il est inestimable, il est irremplaçable.

Laissez-moi ici vous remercier, les remercier une nouvelle fois du travail et de l’engagement quotidien qui sont le vôtre.

A 20 ans, on se projette aussi dans l’avenir. Nous travaillons aujourd’hui ensemble sur le nouveau cadre international pour le développement et la solidarité, avec les Objectifs de Développement Durable qui seront adoptés en septembre prochain.

Ce nouveau cadre, il a plus que besoin de coordination. D’abord parce que le monde a changé depuis les années quatre-vingt-dix. La pauvreté a reculé dans de nombreux pays, mais les inégalités se sont creusées. Les régions émergentes sont en train de devenir de nouveaux acteurs de l’aide au développement, tandis qu’en Afrique, même si la croissance économique est importante, de nombreuses tensions, de nombreux conflits menacent déstabilisent les efforts de lutte contre la pauvreté.

Certaines crises globales apparaissent ou se confirment, et rappellent que notre solidarité avec le sud sera essentielle pour la stabilité du monde dans cette première moitié du 21ème siècle.

Je pense en particulier à la crise climatique, et aux menaces qu’elle fait peser sur la sécurité alimentaire, sur l’eau, sur la santé.

Mais je pense aussi bien sûr à l’épidémie d’Ebola, qui vient de déstabiliser durablement les systèmes de santé des pays touchés, et qui doit nous conduire à nous interroger sur la manière dont nous intervenons dans ce domaine.

Cela vous amène à réfléchir et à agir différemment. Demain, les acteurs de l’humanitaire et de l’urgence seront en première ligne face aux impacts du dérèglement climatique. Demain, il nous faudra travailler à reconstruire des systèmes de santé plus proches des gens, mais aussi à mettre en place la couverture sanitaire universelle pour mieux anticiper et faire face aux défis sanitaires.

Sur de nombreux chantiers, vous êtes en première ligne. Vous innovez, vous imaginez, vous expérimentez, vous construisez les solutions. J’ai pu le voir sur le terrain, que ce soit au Sénégal ou en Guinée. J’ai pu constater aussi votre influence dans les grandes conférences internationales sur le développement.

Alors, pour les 20 ans qui viennent, nous avons devant nous – au moins – 2 grands chantiers.

Celui d’abord du renforcement des sociétés civiles du Sud. Le monde d’aujourd’hui a besoin d’une société civile forte, au Nord comme au Sud. D’une société civile qui se batte pour le budget de l’aide au développement ; qui agisse pour plus de transparence ; qui milite pour la défense de tous les droits.

Cette société civile, vous la construisez, en France, et vous la représentez, par exemple au CNDSI. Mais vous la construisez aussi en Europe, avec la plateforme CONCORDE, et dans le monde.

Par ces dialogues et ces actions vous contribuez à rendre le monde plus ouvert et plus solidaire. Votre participation aux assises du développement et de la solidarité internationale, votre rôle dans la construction de la première loi française sur le développement, c’est l’illustration de ce dialogue, qui nous fait progresser.

Le deuxième chantier que nous pouvons partager, c’est celui de la jeunesse. A cette jeunesse du Sud qui, aujourd’hui peine à trouver un travail, quand elle a la chance d’avoir reçu une éducation digne de ce nom, quand elle a une santé qui lui permet de travailler. C’est pour cela que je veux que notre politique de développement soit tournée vers la jeunesse.

La jeunesse du Sud, oui. Mais aussi la jeunesse du Nord. Pour que solidarité soit chaque jour renouvelée, pour continuer à tisser des passerelles entre les continents, et notamment avec l’Afrique, quand d’autres voudraient creuser des fossés, pour cela il faut continuer à encourager notre jeunesse à s’investir, notamment dans les associations de solidarité internationale.

 

Monsieur le président, cher Jean Louis, Chers Amis,

Je voudrais conclure sur une note plus personnelle, et vous dire combien j’ai apprécié de travailler avec vous depuis le mois d’Avril et mon arrivée à la tête de la politique de développement. Vous avez toujours été là, exigeant et constructif dans le dialogue avec le ministère, et je sais que toutes les équipes du MAE ont apprécié la qualité de notre avec vous, et au-delà, la relation avec coordination Sud. Je n’ai aucun doute qu’avec Philippe Jaschan notre relation continuera sur ces bases, où chacun, dans son rôle, contribue à faire avancer cette grande idée de la solidarité internationale.

Laissez-moi vous souhaitez une nouvelle fois un très heureux anniversaire. Je peux vous dire qu’avec vous tous, ce mot, anniversaire, plus que jamais, il rime avec SOLIDAIRE.