Lancement de l’année européenne à Riga

Annick Girardin était hier et aujourd’hui à Riga pour participer au lancement de l’année européenne du développement. En choisissant ce thème pour 2015, la Commission veut promouvoir et mieux faire connaître « la solidarité internationale qui est au cœur du projet européen ». L’Union européenne occupe la première place au monde par le volume de l’aide fournie aux pays en développement.

A cette occasion, la secrétaire d’État s’est entretenu avec Neven Mimica, commissaire européen à la coopération internationale et au développement, Federica Mogherini, Haute Représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, ainsi qu’avec son homologue lettone, Zanda Kalnina Lukasevica, dont le pays assure depuis le 1er janvier dernier la présidence tournante du conseil de l’Union européenne. Tous lui ont témoigné de forts messages de sympathie suite aux attaques terroristes qui ont touché la France.

Dans le discours qu’elle a prononcée sur le rôle de cette année dans sa déclinaison en France, elle a souligné l’importance des rendez-vous cruciaux de cette année : trouver un accord sur le Climat lors de la Conférence Paris 2015 et adopter le nouvel agenda sur le développement à New-York en septembre.

Mesdames et Messieurs les Commissaire, Mesdames et Messieurs les Ministres, Chers délégués,

Permettez-moi tout d’abord de vous remercier pour tous vos messages de sympathie. La France a été durement touchée dans sa chair. Mais nous ne devons ni céder au pessimisme ni céder au défaitisme.

C’est parce que nous avons en partage des valeurs fortes, celles de la République, que nous saurons faire face à la menace terroriste, que nous saurons trouver les mots justes pour combattre les fanatismes, que nous saurons affronter avec courage les défis du XXIème siècle en construisant un monde plus juste, plus sûr, plus équitable.

Comme l’a très justement rappelé le Président de la République, François Hollande, «la liberté sera toujours plus forte que la barbarie. La France a toujours vaincu ses ennemis quand elle a su justement faire bloc autour de ses valeurs.»

Liberté, égalité, fraternité, devise de la République française, qui a été citée par la Première ministre de Lettonie, Madame Straujuma, hier soir lors de la cérémonie d’ouverture de la Présidence lettonne de l’Union Européenne. J’y ajoute la laïcité et bien entendu la solidarité !

Ces valeurs ce sont, bien sûr, celles de la République française, mais ce sont également celles de l’Europe, celles qui sont au cœur du projet européen.

C’est pourquoi, malgré le deuil national qui nous frappe, j’ai souhaité participer à ce moment, historique à double titre. C’est la première fois que la Lettonie exerce la présidence de l’Union européenne. C’est aussi la première fois qu’une année européenne a pour thème l’action extérieure de l’Union européenne.

C’est un choix particulièrement pertinent : au moment où s’expriment des doutes sur notre idéal commun, au moment où l’Europe apparaît comme le facile bouc émissaire des politiques d’austérité, au moment où les forces de l’obscurantisme cherchent par la terreur à diviser les peuples – et la France vient d’en faire l’expérience douloureuse – il est important de mettre à l’honneur une politique qui, plus que toute autre, incarne l’idéal de solidarité au cœur du projet européen.

Tous ici, nous sommes fiers que l’Union européenne occupe la première place au monde par le volume de l’aide apportée aux pays en développement ! Mais, si nous, nous le savons, combien de nos concitoyens européens en sont conscients ?

 

Cette nouvelle année européenne constitue donc une occasion de dire ce qu’est cette politique, de faire savoir son action et ses résultats :

  • Des chiffres, bien sûr: 19,7 Mds d’€ pour l’instrument de coopération et de développement (ICD), 30.5 Mds d’€ pour le 11ème FED, auquel la France est le second contributeur.
  • Mais c’est également une approche fondée sur une vision globale et efficace du développement, qui fait le lien entre sécurité, démocratie, gouvernance et développement.

Cette approche globale consiste également à prendre en compte le continuum entre l’action humanitaire d’urgence et l’aide de plus long terme en faveur de la reconstruction et du développement. C’est un défi qui se pose concrètement aujourd’hui dans toutes les situations de crise dans lesquelles l’Union européenne et ses Etats membres ont su se mobiliser, qu’il s’agisse de l’épidémie Ebola ou de la terrible crise que traverse la RCA.

 

Mesdames et Messieurs,

Ce n’est pas un hasard si le thème du développement a été choisi cette année. 2015, ce sera la Conférence sur le financement du développement à Addis-Abeba; l’adoption des objectifs du développement durable et la « Conférence Paris Climat 2015 ». Ces trois rendez-vous sont largement liés.

L’Union européenne a joué un rôle-clé pour enrichir la vision globale du développement, en soutenant l’idée d’un agenda post-2015 universel, innovant et ambitieux.

  • Universel, dans la mesure où il dépasse le clivage entre pays du Nord et pays du Sud, entre bailleurs et récipiendaires.
  • Innovant, parce qu’il a été conçu par les Etats en concertation avec la société civile et parce qu’il intègre les trois dimensions, économique, sociale et environnementale du développement durable, bien au-delà des Objectifs du millénaire.
  • Ambitieux enfin, parce qu’à l’image du rapport du Groupe ouvert, il ne recule pas devant la complexité des différentes problématiques liées au développement durable et offre un cadre commun et articulé pour mettre en œuvre nos actions.

Si nous voulons être à la hauteur de ces enjeux, nous devons également être en mesure d’apporter des réponses satisfaisantes et durables aux besoins de financement en mobilisant l’ensemble des acteurs et des ressources.

A cet égard, la conférence d’Addis-Abeba constituera une étape majeure. Tout en réaffirmant le rôle crucial de l’APD dans les pays les moins avancés, il faut promouvoir son rôle de catalyseur de flux financiers privés partout ailleurs.

Mais au-delà, si nous voulons que notre réponse soit à l’échelle qu’exigent les besoins et les attentes, toutes les ressources doivent être mobilisées : mécanismes innovants de financement tels que taxes de solidarité internationale, micro-dons, philanthropie ou encore réorientation d’une partie des transferts financiers des migrants vers des projets de développement local durables.

 

Mesdames et Messieurs,

L’Union européenne comme le Secrétaire général des Nations unies dans son récent rapport, le rappellent : « l’agenda post-2015 ne peut faire abstraction du dérèglement climatique. » Le dérèglement climatique est un enjeu fondamental sur le long terme, mais il a d’ores et déjà des implications concrètes en particulier pour les pays les plus vulnérables, dont certains sont menacés de disparition. Je l’ai vu moi-même : en déplacement à dans les îles Samoa en juillet dernier, je me suis rendu dans un village qui a été déplacé trois fois à cause de la montée des eaux.

Pas de développement durable sans une lutte efficace contre le changement climatique : la Conférence Paris Climat 2015 doit donc aboutir à un accord inclusif, ambitieux et juridiquement contraignant.

La tâche sera sans doute difficile mais nous observons des signaux positifs, comme :

  • le récent accord sino-américain ;
  • le fait que l’Union européenne se soit donné les moyens de peser dans la négociation en adoptant un nouveau paquet énergie-climat ambitieux ;
  • l’accord obtenu à Lima en décembre dernier qui a constitué une étape importante sur la route de Paris. Cet accord précise les contours des contributions que chaque pays devra communiquer en ce début d’année. Il contient ainsi les prémisses du futur accord de Paris

Je ne doute pas que l’année européenne du développement sera un moyen efficace pour rendre visible nos priorités afin de construire un monde plus juste, plus équitable, fondé sur une croissance durable et inclusive. Je nous fais confiance pour y parvenir, ensemble !

Permettez-moi pour conclure de reprendre la devise européenne « unis dans la diversité » parce que ce n’est qu’ensemble que nous parviendrons à relever les défis qui se présentent à nous.