Avec les présentateurs météo au Quai d'Orsay

La secrétaire d’État a reçu samedi au Quai d’Orsay les présentateurs météo du monde entier, réunis à Paris à l’occasion du 12ème Forum International de la Météo et du Climat qui se tient à Paris du 28 au 31 mars et qui est placée sous les couleurs de PARIS CLIMAT 2015.

Monsieur le secrétaire général de l’Organisation Mondiale de la Météo, Cher Michel (Jarraud)
Monsieur le président du Forum international sur la Météo et le Climat, cher Jean (Jouzel) ,
Mesdames et Messieurs, chers amis,
 
 
Permettez-moi avant de commencer d’excuser Laurent Fabius, qui vous a convié à cette réunion à laquelle il tenait beaucoup, mais qui a dû rejoindre Lausanne pour des négociations sur l’Iran. Laurent avait pris l’initiative de réunir bon nombre d’entre vous, l’été dernier, car il est convaincu – et je le suis également – que vous êtes à la fois des témoins privilégiés du dérèglement climatique et des vecteurs sans équivalent pour informer le grand public sur les effets de ce dérèglement climatique. Vous êtes un visage familier, connu. Vous bénéficiez de la confiance de votre public. Pour la France, qui accueillera la conférence mondiale sur le climat, la COP21, à la fin de cette année, votre appui pour la sensibilisation du public est donc essentiel. C’est pourquoi nous souhaitons que les échanges que nous avions commencés se poursuivent régulièrement, jusqu’à la COP21 et au-delà.
 
Je viens d’une petite île, au large de Terre Neuve, Saint Pierre et Miquelon, où l’une des expressions les plus utilisées est « si le temps le permet ». On se dit « à demain, si le temps le permet », ou « rendez-vous ce week-end, si le temps le permet ». C’est le signe pour moi de l’importance de la météo, du temps qu’il fait dans notre quotidien. Et cela ne vaut pas que pour Saint Pierre et Miquelon.
 
La météo, c’est quelque chose d’universel. Avec Laurent Fabius, nous sommes habitués à voyager aux quatre coins du monde, et s’il y a bien un point commun, un trait d’union entre tous les médias, toutes les télévisions, quelque chose que tout le monde peut comprendre, dans n’importe quelle langue, c’est bien la météo.
 
Cette universalité, elle vous rassemble aussi autour de la lutte contre le dérèglement climatique. Depuis de nombreuses années, c’est la 12ème édition, je crois, vous vous retrouvez pour partager vos réflexions sur l’exercice de votre métier et la façon dont vous y intégrez  le dérèglement climatique.
 
Je le disais : vous êtes des témoins privilégiés du climat qui change, des catastrophes qui se multiplient, des épisodes de canicules, des inondations, et puis bien sur des catastrophes climatiques comme le cyclone qui a dévasté, il y a quelques semaines le Vanuatu.
 
Face au dérèglement climatique, vous êtes nombreux à avoir développé des actions de sensibilisation du grand public, et parfois même de vos rédactions, pour alerter sur les enjeux du dérèglement climatique. Nous avons particulièrement apprécié les bulletins météos en 2050, publié par l’Organisation météorologique mondiale lors du sommet sur le climat à New York en septembre dernier, puis lors de la COP20 à Lima en décembre. Ce sont des exercices qui marquent les esprits, et nous aident à construire la mobilisation des citoyens.
 
Celle-ci sera indispensable, partout sur la planète, si nous voulons réussir un accord à Paris. Car la lutte contre le dérèglement climatique, ce ne sont pas que des négociateurs réunis dans des salles. Si nous voulons inverser la tendance, construire un accord qui nous remettre sur la trajectoire des 2°C, il nous faut mobiliser tout le monde. Les citoyens, les élus, les collectivités, les entreprises, les scientifiques : chacun peut et doit pouvoir apporter sa contribution à la COP21.
 
C’est pourquoi, je vous répète ici à la fois tous nos remerciements pour votre mobilisation, mais aussi nos encouragements à poursuivre votre engagement, et à parler du climat tout au long de l’année 2015.
 
Vous disposez pour cela d’une vraie crédibilité auprès de l’opinion publique, qu’il s’agisse des citoyens ou des nombreux professionnels, je pense par exemple aux agriculteurs, aux pêcheurs, aux professionnels du tourisme.
 
Vous disposez aussi d’une vaste audience, qui vous permet d’expliquer les enjeux du dérèglement climatique, mais aussi les solutions que nous pouvons apporter au problème. Vous le savez, nous voulons placer Paris sous les couleurs des solutions au dérèglement climatique.
 
Le changement climatique, notamment par ses manifestations extrêmes, c’est quelque chose qui peut faire peur, qui peut démobiliser.
 
Notre responsabilité collective, c’est non seulement d’alerter, mais aussi de montrer comment agir. De nombreuses solutions sont développées. Pour les transports propres, pour la production d’énergie renouvelables, pour une agriculture plus respectueuse de l’environnement, les choses ont bougées depuis une dizaine d’année.
 
Les grands pays émetteurs se sont mis en marche. Ce qui a permis d’aboutir in fine à un succès de la COP20 à Lima de progresser, ce sont bien, pêle-mêle, le financement du Fonds Vert pour les pays pauvres, les engagements de l’Union Européenne, des Etats-Unis, mais aussi – et c’est inédit – de la Chine, les premiers signaux donnés par le monde de la finance qui commence à intégrer le climat comme paramètre de ses décisions.
 
Nous avons aujourd’hui toutes les cartes en mains pour réussir un accord sur le climat à Paris. Mais les discussions seront difficiles jusqu’au bout, car il s’agit pour nous tous de revoir profondément nos modèles de développement. Ce que nous espérons construire à Paris, c’est ce que nous appelons l’alliance de Paris pour le Climat, qui se construirait autour de 4 piliers.
  1.  Un nouvel accord universel et juridiquement contraignant ;
  2. Des contributions, c’est-à-dire des engagements de tous les pays, qui devront nous remettre progressivement sur la voie des 2°C ;
  3. Des transferts financiers et un appui pour partager les technologies de la lutte contre le dérèglement climatique ;
  4. Des solutions concrètes, rassemblant tous les acteurs, y compris non gouvernementaux, c’est-à-dire les entreprises, les collectivités locales, les citoyens…
 
La France a par exemple lancé, à Sendaï, au Japon, lors de la 3ème conférence mondiale sur la prévention des risques de catastrophes, un appel pour un accès généralisé à des systèmes d’alertes aux catastrophes dites naturelles. Cette initiative a pour but  que d’ici 2020 chaque citoyen vivant dans les pays les plus vulnérables au dérèglement climatique soit alerté le plus en amont possible de la survenue d’une catastrophe, qu’il s’agisse d’inondations, de cyclone, de vents violents… L’objectif est simple : réduire au maximum le nombre de victimes.
 
La France, avec Météo France, dont je salue ici les représentants, a développé de nombreux systèmes de ce type. Le Japon, après le terrible tsunami de 2011, a aussi renforcé son savoir-faire. Les Etats Unis, qui ont dû faire face à Katrina, puis à Sandy, savent aussi prévenir leurs populations.
 
Ces expertises, nous avons la responsabilité de les partager. Au Vanuatu, même si le nombre de victimes est trop élevé, c’est bien parce qu’un tel système d’alerte existe que des pertes humaines encore plus importantes ont pu être évitées lors du passage du cyclone PAM.
 
Je vous propose maintenant de profiter de ce petit moment d’échange entre nous pour vous écouter, des micros sont disponibles dans la salle, vous pouvez vous exprimer en français ou en anglais, et je serai ravie d’entendre vos idées, vos propositions pour continuer à faire progresser la mobilisation contre le dérèglement climatique.
 
Je vous remercie.