Sur la Tour Eiffel pour l'Heure de la Terre

Annick Girardin a, l’invitation de WWF, éteint hier soir en compagnie de Ségolène Royal, Ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, d’Anne Hidalgo, Maire de Paris, la Tour Eiffel pour l’Heure de la Terre 2015.

L’Heure de la Terre, ou « Earth Hour » est un évènement mondial organisé par le WWF International depuis 2007. C’est une des plus  grandes manifestations mondiales sur le climat, qui vise à éteindre, pendant une heure, les lumières des grands monuments et à inviter les citoyens à faire de même chez eux, pour manifester leur adhésion à la lutte contre le changement climatique. Ce sont plus de 7000 villes dans 162 pays qui sont mobilisées.

Après l’extinction organisée depuis le Champ de Mars, la secrétaire d’État a été invitée à prononcer un discours au premier étage de la Tour Eiffel.

Madame la Ministre, chère Ségolène
Madame la Maire de Paris, chère Anne,
Madame la Présidente du WWF, chère Isabelle,
Monsieur le Directeur, Cher Philippe,
Mesdames, Messieurs,
Chers amis,
 
Permettez-moi avant de commencer d’excuser Laurent Fabius, qui vous aviez convié à cette réunion à laquelle il tenait beaucoup, mais qui est a dû rejoindre Lausanne pour des négociations sur l’Iran.
 
Laissez-moi une nouvelle fois remercier le WWF de cette invitation et de cet évènement qui est devenu un rendez-vous régulier de tous ceux qui, partout sur la planète, luttent contre le dérèglement climatique.
 
Face au dérèglement climatique, vous êtes nombreux à avoir développé des actions de sensibilisation du grand public, et parfois même de vos rédactions, pour alerter sur les enjeux du dérèglement climatique.
 
Celle-ci sera indispensable, partout sur la planète, si nous voulons réussir un accord à Paris. Car la lutte contre le dérèglement climatique, ce ne sont pas que des négociateurs réunis dans des salles. Si nous voulons inverser la tendance, construire un accord qui nous remettre sur la trajectoire des 2°C, il nous faut mobiliser tout le monde. Les citoyens, les élus, les collectivités, les entreprises, les scientifiques : chacun peut et doit pouvoir apporter sa contribution à la COP21.
 
C’est pourquoi, je vous répète ici à la fois tous nos remerciements pour votre mobilisation, mais aussi nos encouragements à poursuivre votre engagement, et à parler du climat tout au long de l’année 2015.
 
Notre responsabilité collective, c’est non seulement d’alerter, mais aussi de montrer comment agir. De nombreuses solutions sont développées. Pour les transports propres, pour la production d’énergies renouvelables, pour une agriculture plus respectueuse de l’environnement, les choses ont bougé depuis une dizaine d’années.
 
Je voudrais aussi revenir sur l’état d’esprit dans lequel nous abordons cette COP21.
 
Les grands pays émetteurs se sont mis en marche, notamment sous la pression des ONG et de l’opinion publique. Ce qui a permis d’aboutir in fine à un succès de la COP20 à Lima, de progresser, ce sont bien, pêle-mêle, le financement du Fonds Vert pour les pays pauvres, les engagements de l’Union Européenne, des Etats-Unis, mais aussi – et c’est inédit – de la Chine, les premiers signaux donnés par le monde de la finance qui commence à intégrer le climat comme paramètre de ses décisions.
 
Nous avons aujourd’hui toutes les cartes en mains pour réussir un accord sur le climat à Paris. Mais les discussions seront difficiles jusqu’au bout, car il s’agit pour nous tous de revoir profondément nos modèles de développement. Ce que nous espérons construire à Paris, c’est ce que nous appelons l’alliance de Paris pour le Climat, qui se construirait autour de 4 piliers.
  1. Un nouvel accord universel et juridiquement contraignant ;
  2. Des contributions, c’est-à-dire des engagements de tous les pays, qui devront nous remettre progressivement sur la voie des 2°C ;
  3. Des transferts financiers et un appui pour partager les technologies de la lutte contre le dérèglement climatique ;
  4. Des solutions concrètes, rassemblant tous les acteurs, y compris non gouvernementaux, c’est-à-dire les entreprises, les collectivités locales, les citoyens…
 
Je voudrais dire un mot des solutions concrètes, justement. C’est un sujet que j’évoquais tout à l’heure, avant d’éteindre la tour Eiffel. Je pense en effet, parce que je suis secrétaire d’Etat en charge du développement, parce que je dialogue depuis un an avec les pays pauvres, à ceux qui sont le plus exposés au dérèglement climatique alors qu’ils ne contribuent pas ou peu aux émissions de gaz à effet de serre.
 
Paris ne peut réussir que s’il propose un plan d’action concret vers un développement sans carbone et sans pauvreté. En d’autres termes, Paris ne peut fonctionner que s’il apporte des réponses concrètes aux besoins des populations les plus vulnérables, notamment en matière d’énergie. Paris doit apporter des réponses au milliard de personne qui n’a pas accès à l’électricité. On ne pourra pas demander à des pays de s’engager à réduire leurs émissions, à agir pour le développement durable, si on ne leur offre pas en même temps des solutions.
 
L’Afrique a par exemple le potentiel pour être le leader mondial des énergies renouvelables. Nous devons l’y aider. C’est tout le sens de l’agenda des solutions que nous développons. Je voudrais aussi revenir sur l’état d’esprit dans lequel nous abordons cette COP21.
 
Ma conviction, c’est que nous avons chacun entre nos mains une partie de la solution. C’est le message qu’envoient tous les participants à cette « heure de la terre ». C’est le message qui devra sortir de Paris Climat 2015. Une conférence où chacun se mobilise, une conférence où chacun agit.