La ligne directe en bout de piste !

Pierre Caussade et Jacques Le Guillou, missionnés sur le sujet par le gouvernement français, viennent d’atterrir à Saint-Pierre. C’est un nouveau pas vers une ligne aérienne directe pour l’Archipel !

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Pourquoi une mission ?   

C’est en 2015, après l’annonce du gouvernement canadien d’imposer l’AVE que l’archipel s’est mobilisé. Pour une population obligée de transiter par le Canada pour se rendre ou sortir de SPM,  cela a été la restriction de trop.

La mise en place d’une ligne aérienne directe est alors apparue comme une nécessité, et une pétition en ce sens a circulé dans l’Archipel. Elle a été signée par 681 habitants de SPM.

Cette doléance adressée au Président de la République a été entendue en plus haut lieu, ainsi que par les ministres et les parlementaires que j’avais fortement sensibilisé à ce sujet. Résultat, juin 2016 : le Gouvernement décide de l’envoi d’une mission.

A quoi ça sert ?

Le but de la mission n’est pas de savoir si une ligne directe entre l’Archipel et la Métropole pourrait être viable économiquement. On sait qu’elle ne le sera pas… au moins dans un premier temps.

L’objectif c’est de faire un audit pour savoir ce qu’il est possible de faire. On ne décrète pas une liaison aérienne sans analyse technique, sans réflexion sur les impacts, sans prise en compte des opportunités que cela ouvre.

La liaison doit-elle être directe ou avec escale ? Quelle escale ? Quelle fréquence ? Quid des liaisons vers le Canada, voire au-delà ? Comment faciliter les évacuations sanitaires ? La liaison directe doit-elle associer du fret ? Faut-il y inclure l’exportation et l’importation de produits frais ? A quel coût ? Dans quelle proportion une ligne directe peut-elle favoriser le développement touristique ? Quelle réorganisation faudra t’il prévoir en tenant compte d’Air Saint-Pierre et des emplois locaux ? L’aéroport peut-il accueillir un vol transatlantique régulier ? Quel type d’avion ? Quelles règles de sécurité ? Faut-il engager des travaux sur la piste ? Quelles sont les entraves à la continuité territoriale suite à la mise en place de l’AVE ? Autant de questions qui nécessitent une analyse technique précise.

L’objectif de cette mission est de répondre à ces questions.

Et après ?

Une fois le rapport rendu, viendront les phases de recherche de financements et de remodelage de la stratégie de développement aéroportuaire.

La route est encore longue mais on entrevoit la lumière derrière les nuages. L’essentiel c’est notre volonté commune : élus locaux, gouvernement, acteurs économiques, citoyens, tous ensemble vers le même cap.

Car l’enjeu est de taille : en plus de simplifier considérablement notre quotidien d’iliens, il en va du développement économique de l’Archipel en tant que plateforme aéroportuaire française et européenne en Amérique du Nord !