Notre Archipel surmontera la crise

Nous subissons, chacun d’entre nous, où que nous soyons, cette crise sanitaire mondiale sans précédent.

A Saint-Pierre-et-Miquelon, un seul cas de Covid-19 est confirmé à ce jour.  Mais pour autant l’Archipel n’est pas épargné et reste fragile.​

Fragile par sa population qui n’est plus aussi jeune qu’avant.

Fragile par la relative capacité de l’hôpital, fragile car il est éloigné de la métropole. Notre devoir, à nous Etat, élus, à moi ministre, c’est de protéger et de prévenir.

Il faut rester vigilants mais dans le même temps être confiants car le territoire s’est organisé avec l’ensemble des forces vives pour faire face à cette crise.

L’hôpital a mis en place une unité Covid-19 d’une capacité de 10 chambres avec du personnel dédié. Il​ dispose​ aujourd’hui de 4 respirateurs et d’un médecin réanimateur. Miquelon dispose également​ d’un respirateur qui a vocation à être utilisé sur place en cas de besoin. ​Les stocks de masques pour l’archipel sont de 50 000 chirurgicaux et de 15 000 FFP2. Avant la fin du mois, 4 respirateurs supplémentaires seront acheminés sur Saint-Pierre ; 96.000 masques chirurgicaux et 18.000 masques FFP2, sont attendus très prochainement.

Les commandes et les livraisons complémentaires se poursuivront tant que nécessaire.

S’agissant des tests, notre fragilité doit être réduite. Le gouvernement a décidé de l’envoi d’un automate sur les deux territoires qui ne sont pas autonomes aujourd’hui : Wallis-et-Futuna et Saint-Pierre-et-Miquelon, cette​ décision fait suite au rapport du Conseil scientifique national du 8 avril dernier, saisi par mes soins. Cet automate est en cours d’acheminement, mais nous n’avons pas encore de visibilité, la tension mondiale étant toujours forte. Les pays producteurs ont par ailleurs limité leurs exportations. Il sera envoyé à Saint-Pierre-et-Miquelon dès son arrivée sur Paris.

En attendant, nous devons poursuivre la coopération avec le Canada pour l’acheminement des tests effectués, et nous avons maintenu les vols vers Halifax pour y envoyer nos échantillons. Et je me félicite du partenariat sanitaire avec le Canada et les Provinces Atlantiques, dans le cadre de notre coopération régionale.

S’agissant justement des vols et des liaisons aériennes et maritimes de l’Archipel : ces liaisons sont indispensables pour l’acheminement des denrées de première nécessité, les équipements médicaux, mais aussi les possibilités d’évacuation sanitaire, sans oublier le retour des résidents dont celui des étudiants.

Sur la question des vols directs SPM/Métropole, nous souhaitons tous que l’Archipel puisse revenir à la « normale », mais est-ce raisonnable ? Il est trop tôt aujourd’hui pour se prononcer sur leur maintien, comme il serait déraisonnable de se prononcer sur leur annulation. D’autant que nous pourrions avoir besoin de ces liaisons directes, pour le fret, pour les renforts sanitaires…

Nous devons veiller à préserver cet acquis fondamental pour notre Archipel, attendu depuis plusieurs années. Toutefois, un travail​ sur cette question sera programmé avant le 15 mai avec les différents acteurs concernés, pour​ évaluer la situation et faire des recommandations, sans précipitation. Ces vols nous ont permis de maintenir le lien avec notre diaspora, nos familles, nos enfants, nos étudiants. Et je pense aux étudiants naturellement. Je mesure les angoisses des parents et je suis attachée à ce qu’on organise leur retour avec la plus grande protection possible, pour tous, une fois sur place.

Il y a aujourd’hui plus de 250 étudiants en mobilité : 166 en métropole et 91 au Canada. Les étudiants en métropole qui le souhaitent peuvent se faire recenser en suivant ce lien : https://outremersolidaires.gouv.fr/questionnaire-ultramarins-mobilite/.

Je veux également rappeler ici, pour chacun d’eux, les mesures d’accompagnement mises en place par le gouvernement :

  1. Contribution de la vie étudiante et de campus (CVEC) pour financer l’aide alimentaire, les équipements informatiques et accès Internet, soutien financier suite à la suppression de votre stage ou job d’été ;
  2. Déplafonnement des aides financières aux étudiants pour les établissements supérieurs relevant du (FSDIE) ;
  3. 10M d’euros supplémentaires au budget des aides spécifiques d’urgence attribués par les CROUS.

En complément, comme le président de la République l’a annoncé le 13 avril dernier, une aide financière exceptionnelle sera attribuée aux étudiants ultramarins, en métropole.

Pour ceux qui sont au Canada, l’interlocuteur privilégié est la préfecture qui, en lien avec l’ambassade de France au Canada et le consul de France au Québec, organisera le rapatriement pour ceux qui le souhaitent. Ma préoccupation première est d’accompagner au mieux les demandes de retour.

Tout étudiant français, où qu’il soit à l’étranger, doit se signaler auprès de son ambassade ou de son consulat. Il faut saluer le partenariat entre la collectivité territoriale et la préfecture pour assurer le bon suivi des étudiants. Le président de la collectivité s’est engagé à maintenir les bourses mensuelles jusqu’à leur retour, et c’est une bonne chose. Mais le retour ne se fera pas facilement. Je rappelle qu’il est important que toute personne arrivée dans l’archipel soit soumise à une quatorzaine stricte, avec test. Toutes celles et ceux qui souhaitent rentrer doivent savoir qu’ils ne verront leurs proches qu’à l’issue de la quatorzaine.

J’en appelle à la responsabilité de chacun pour respecter​ les règles de quatorzaine, il en va de la santé de tous nos concitoyens. ​ J’ai demandé au préfet de renforcer les contrôles.

Le préfet m’a proposé un plan global de déconfinement progressif pour l’Archipel, en lien avec le conseil des élus. Celui-ci sera traité dans le cadre de la mission confiée par le Premier ministre à Jean Castex et il sera examiné avec toute l’expertise nécessaire.

J’ai bien conscience de l’envie des habitants de ressortir, de reprendre le travail, de retourner à l’école. ​

C’est pourquoi, avec mes collègues Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé et Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances, nous avons autorisé le préfet à prendre les premières adaptations au dispositif de confinement actuel.

Lundi 27 avril, les activités économiques et des administrations reprendront progressivement et une libre circulation des personnes sera autorisée.

La rentrée scolaire à l’issue des vacances de printemps, début mai, sera effective. 

Le préfet et ses services donneront toutes les informations nécessaires pour la bonne compréhension et le bon déroulement de ces​ opérations.​

  • L’ensemble des entreprises et des entrepreneurs de l’Archipel ont souffert comme dans le reste de la France. L’Etat a mis en place plusieurs dispositifs d’aide : fonds de solidarité, report de charges sociales et des factures d’électricité, de gaz, de loyer, prêts garantis par l’Etat ou chômage partiel.

Je connais les difficultés pour s’inscrire en ligne sur l’archipel sur ce dernier point. A ce jour, 412 salariés sont concernés par le chômage partiel soit 25% des effectifs totaux de SPM (la moyenne en outre-mer est de l’ordre de 49 %). Je​ veux remercier les équipes de la CACIMA et tous les services administratifs concernés qui accompagnent les entreprises au quotidien.

  • Pour les secteurs de l’hôtellerie, de la restauration et plus globalement du tourisme, les difficultés seront encore présentes au cours des prochains mois. Pour cette raison, j’ai demandé au ministère de l’Europe et des affaires étrangères d’inclure pleinement les spécificités outre-mer dans son plan tourisme en cours d’élaboration. Avec mon collègue Jean-Baptiste Lemoyne, nous organisons dans le courant de la semaine prochaine des réunions avec chaque bassin maritime sur le sujet : l’Archipel y participera ce lundi.
  • Pour les plus démunis d’entre nous, l’aide exceptionnelle mise en place par le gouvernement est applicable dans l’Archipel (150 € par foyer, ajouté à 100€ par enfant). La caisse de prévoyance sociale a également mis en place une aide ponctuelle et je salue cette initiative.

Toutes les entreprises de l’Archipel doivent​ donc retrouver progressivement un bon fonctionnement de leurs activités tout en tenant compte des indispensables mesures de vigilance sanitaires, et les petits comme les grands chantiers devront être lancés au plus tôt. Il faut que tous les élus, anciens et nouveaux, avec les chefs d’entreprise, jouent le jeu d’une commande publique efficace, c’est important. J’appelle aussi les habitants de Saint-Pierre-et-Miquelon à participer à cette relance en privilégiant l’achat local dans nos commerces.

Et de la même manière, je demande aux administrations de l’Etat d’externaliser certaines de leurs activités, à chaque fois qu’il le sera possible. Chacun doit participer à la relance de l’économie du territoire.​

Je tiens enfin à remercier tous les Saint-Pierrais et les Miquelonnais pour leur engagement au cours de cette crise ; bien sûr, les acteurs de la santé en premier lieu, mais aussi toutes celles et ceux qui permettent à la vie de continuer.

Oui, notre Archipel est relativement épargné par cette crise sanitaire, mais il reste fragile. Et la crise est loin d’être terminée, ne relâchons pas notre vigilance.

Les gestes barrières doivent demeurer un réflexe et se protéger, c’est protéger notre Archipel.

Humilité, pragmatisme, coopération et solidarité, voilà les quatre​ mots que chacun doit avoir en tête en cette période.