Politique pour les Outre-mer du gouvernement : deux témoignages révélateurs

Une politique pour les Outre-mer basée d’avantage sur des effets d’annonces que sur la mise à disposition de véritables moyens pour changer les choses : deux témoignages intéressants, celui de Claudy SIAR, Délégué interministériel et celui de Brigitte Girardin Ministre de l’Outre-Mer de 2002 à 2005

Quand Matignon dresse un constat accablant de l’inaction du Gouvernement envers les Français d’outre-mer…

Le 25 mars 2011, en Conseil des ministres, le Président de la République nommait Claudy SIAR, Délégué interministériel pour l’égalité des chances des Français d’Outre-mer.

En fonction depuis le 18 avril, Claudy  SIAR  s’attache à combattre l’inégalité dont sont victimes les originaires d’Outre-mer dans l’Hexagone.

Un seul mot d’ordre, pour ce militant de la première heure, les victoires des uns sont les victoires de tous !

Dans un rapport rendu public aujourd’hui, Claudy SIAR constate, exemples flagrants à l’appui, que les disparités de traitement dont souffrent ces derniers perdurent.

Dans son avant-propos, il demande à la France d’être claire envers les populations d’outre-mer et lance un appel afin qu’il soit mis fin aux inégalités de traitement envers l’outre-mer. Il ajoute que si sa voix n’était pas entendue, « la France devrait faire face à la division du pays ».

Evoquant les peuples d’outre-mer, il dénonce en effet la violence, la vie chère et la paupérisation qui ne sont plus acceptables.

Au-delà du ton libre et original de ce rapport, s’agissant d’un document officiel à en-tête du Premier ministre, nous pouvons noter avec satisfaction que Matignon jette enfin un regard acéré sur l’action du Gouvernement en direction des originaires d’outre-mer !

Car, malgré la création de la délégation interministérielle à l’égalité des chances des français d’outre-mer dont le candidat sortant se prévaut en toutes occasions, Claudy SIAR souligne avec courage et pertinence  combien il est exact de dire:

  • que les tarifs des télécommunications entre les DOM/COM et l’Hexagone et à l’intérieur des DOM/COM sont toujours très supérieurs aux tarifs nationaux malgré les engagements du Gouvernement.
  • que les billets d’avion coûtent toujours aussi cher en période de vacance scolaire et que l’action de la délégation, probablement insuffisamment soutenue dans ses efforts, n’a permis jusqu’à présent que de délivrer… une centaine de billets gratuits aux plus défavorisés !
  • que le chômage chez les jeunes a augmenté de 49% en 5 ans du fait notamment de la réduction dans la loi Penchard des exonérations de charges sociales et de la division par 10 des crédits en faveur des emplois aidés.
  • que le problème des chèques hors place n’a toujours pas été réglé.
  • que les cautions des personnes domiciliées outre-mer sont encore très souvent refusées malgré les engagements pris pour régler le problème.
  • que la continuité territoriale n’est pas encore assurée.
  • que le Gouvernement n’hésite pas à mettre en cause l’égalité sociale par exemple en maintenant des dispositions discriminatoires pour certaines prestations ou en ayant retardé l’application outre-mer du RSTA.

Quand une ex-Ministre de l’Outre-Mer de droite juge l’action de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement

Brigitte GIRARDIN qui fut ministre « chiraquienne » de l’Outre-Mer de tous les gouvernements de Jean-Pierre RAFFARIN de 2002 à 2005, puis ministre de la Coopération et de la Francophonie de 2005 à 2007 du gouvernement VILLEPIN et qui est actuellement Secrétaire Générale et Porte Parole du Mouvement « République Solidaire » a déclaré dans un communiqué à l’AFP :« Souhaitant mettre fin à une politique qui, pendant cinq ans, a affaibli notre pays, a divisé les français, et a remis en cause la politique pour l’Outre-Mer que j’avais mise en place entre 2002 et 2005, mon vote personnel se portera sur François HOLLANDE »