L'Appel de Paris !

Mon discours pour l'Appel de Paris avec Melinda Gates, Anne Hidalgo, Geneviève Fioraso, Myriam El Khomri, Stépahnie Rivoal et Irina Bokova.

Mon discours pour l’Appel de Paris avec Melinda Gates, Anne Hidalgo, Geneviève Fioraso, Myriam El Khomri, Stépahnie Rivoal, Anne Lauvergeon et Irina Bokova.

Chères amies,

Je suis très heureuse d’être parmi vous et tiens à remercier Madame la Maire de Paris de nous recevoir ce soir. Merci également la Fondation Bill et Melinda Gates d’avoir pris l’initiative d’organiser cette table ronde.

C’est l’occasion pour moi de réaffirmer l’engagement de la France en faveur de la santé des femmes et des enfants. Il s’agit d’une priorité de notre action internationale pour laquelle nous avons consacré plus de 2 milliards d’euros ces 5 dernières années.

Nos efforts conjugués aux importants investissements réalisés par nos partenaires, en particulier la fondation Bill et Melinda Gates, dont je salue l’action et l’engagement décisif,  ont contribué à alléger le fardeau mondial en matière de mortalité maternelle et infantile.

Les progrès sont cependant insuffisants : la mortalité maternelle et infantile figure toujours parmi les plus grandes injustices au monde. Les écarts se sont encore creusés avec les pays les plus pauvres dont ceux de l’Afrique sub-saharienne.

Nous continuons d’être révoltés par le nombre de femmes dépourvues d’accès aux méthodes modernes de contraception (220 millions) provoquant chaque année plus de 80 millions de grossesses non désirées, plus de 20 millions d’avortements dans des conditions non sécurisées, et entrainant 50 000 décès de femmes pourtant évitables.

La contraception est pourtant l’une des interventions de santé publique avec le meilleur rapport coût-efficacité. Elle est à la santé des femmes ce que la vaccination est à la santé des enfants : un moyen efficace et peu coûteux de prévenir, plutôt que de guérir.

Les jeunes filles paient un lourd tribut : on estime que 30 millions de filles risquent d’être victime d’une mutilation sexuelle au cours des dix prochaines années ; plus de 15 millions de filles âgées de 15 à 19 ans donne naissance à un enfant chaque année, dont plus de 2 millions auraient moins de 15 ans, la plupart dans un contexte de mariage forcé.

Enfin, je souhaite rappeler que les avortements non sécurisés sont parmi les principales causes de décès des femmes dans le monde. Ils représentent environ 13% des décès maternels. Non seulement nous sommes loin de l’objectif fixé en 1994 lors de la conférence du Caire mais la proportion d’avortements non sécurisés est en augmentation.

Nous sommes arrivés à un point où les pouvoirs publics ne peuvent plus éluder leurs responsabilités. Là où la loi ne permet plus de garantir la sécurité et la santé des individus, les autorités publiques sont fragilisées. Cette question a fait l’objet de nombreuses recommandations qu’il faut aujourd’hui mettre en œuvre.

Face à ces constats, que pouvons-nous faire ?

•           D’abord, nous devons concentrer notre aide là où les besoins sont les plus importants, pour les pays les plus pauvres et les populations les plus démunies.

•           Les pays vers lesquels la France a choisi de concentrer son aide au développement sont parmi ceux qui connaissent les plus forts taux de mortalité maternelle et infantile.

•           L’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale connaissent les plus faibles niveaux d’utilisation de contraceptifs au monde et des taux de grossesses adolescentes trois fois supérieurs à la moyenne mondiale. Cette région mérite toute notre attention.

•           J’aurai le plaisir d’accueillir à Paris le 18 et 19 décembre prochain, la réunion annuelle du partenariat de Ouagadougou pour la planification familiale en Afrique de l’Ouest. Ce partenariat, que la France a co-initié avec la fondation Bill et Melinda Gates, la fondation Hewlett, l’agence américaine de développement et neuf pays d’Afrique de l’Ouest francophones a grandement contribué à améliorer l’accès à la contraception dans la région. Nous souhaitons, avec l’aide de nos partenaires, poursuivre et accroître la mobilisation.

•           Nous devons également concentrer davantage notre aide sur la recherche de leviers efficaces tels que les vaccins, je souhaiterais saluer à cet égard le travail conduit par GAVI, mais aussi la nutrition, la contraception, la prévention contre le VIH-SIDA ou encore la formation des personnels de santé, en particulier les sages-femmes.

•           Au-delà, la France pense que la solution de ces défis passe par un cadre universel. Nos actions ne peuvent être efficaces que si elles s’inscrivent dans le cadre d’un agenda global. C’est pourquoi la France promeut la mise en place d’une couverture sanitaire universelle. Il s’agit d’un enjeu majeur. Le renforcement des systèmes de santé dans leur globalité – soins primaires communautaires, système hospitalier, gouvernance sanitaire – doit être notre priorité comme le montre, de manière dramatique, l’épidémie actuelle d’Ebola en Afrique de l’Ouest.

•           Nous devons nous engager à garantir aux personnes, notamment aux femmes et aux jeunes les moyens de faire des choix libres et éclairés quant à leur vie sexuelle, affective et reproductive et d’avoir accès à des services adaptés et de qualité.

Je vous encourage toutes et tous à soutenir cet appel de Paris afin de « tout mettre en œuvre pour que chaque femme puisse donner la vie sans perdre la sienne, pour que plus aucun enfant ne meure de maladies  évitables ».