Au lancement de l'AFETI

Annick Girardin ce matin a lancé, avec Laurent Fabius, Ministre des Affaires Étrangères, et Michel Sapin, Ministre des Finances, l’Agence Française d’Expertise Technique Internationale (AFETI). Sa création, qui regroupe six opérateurs publics actifs dans le domaine de l’assistance et de la coopération technique internationale, a été décidé afin d’accroitre les capacités de mobilisation de l’expertise technique publique française à l’international, pour. L’enjeu est répondre aux besoins grandissants des pays émergents et en développement, que ce soit en matière de politiques publiques, d’accompagnement des réformes ou de transfert de compétences et de formation.

Au lancement de l'AFETI

La secrétaire d’État y a prononcé le discours suivant :

Je suis très heureuse d’être parmi vous aujourd’hui, pour le lancement d’Expertise France, cet opérateur dont nous n’osions imaginer, il y a un an à peine, qu’il pourrait, si vite, voir le jour. Quel travail titanesque au service d’une réussite collective … Je ne peux que me réjouir de ce succès et m’associer aux félicitations adressées à tous les artisans de cet exploit, tout particulièrement à l’ensemble des équipes issues des opérateurs qui ont fusionné : Grâce à leur legs, Expertise France est d’ores et déjà reconnu.
Expertise France constitue un apport important de la loi d’orientation et de programmation relative à la politique de développement et de solidarité internationale que j’ai défendue devant les Assemblées. Sa création illustre, comme l’ont souhaitée les parlementaires, la rationalisation en marche de notre dispositif public d’expertise technique, indispensable à un moment où il nous faut répondre à tant d’enjeux sur les terrains en développement ; et où l’appel à la solidarité, qui s’est massivement exprimé dans la rue, dans les journaux, sur les réseaux sociaux, dans l’espace public, ces derniers jours, renforce cette exigence.
Depuis bientôt 10 mois que je suis à la tête de ce secrétariat d’Etat, j’ai parcouru le monde à la rencontre de nos partenaires des pays en développement. Je les ai écoutés, j’ai pu mesurer l’étendue des possibles, mais aussi les grandes difficultés auxquelles ils font face, partout, tous les jours.
Ces difficultés ne seront pas résolues uniquement par des transferts financiers. Les financements sont indispensables, évidemment. Mais pour être dépensés utilement, ils doivent s’inscrire dans un cadre d’action publique cohérent, ils doivent accompagner des politiques et des projets de développement « appropriés » par les partenaires, pensés par eux, mis en œuvre sous leur autorité et avec eux… Les financements internationaux ne sont utiles que s’ils rencontrent des compétences locales pour les mettre en œuvre ; ou s’ils contribuent à construire ces compétences locales, à les renforcer.      
C’est prioritairement par le renforcement des capacités, que se mettent en place les conditions d’un développement durable.
 
Nous aurons l’occasion de le démontrer cette année, cruciale pour le développement. Trois grands événements rythment en effet 2015 dans ce domaine : Addis Abeba en juillet, où nous devrons montrer que nous construisons ensemble le financement du développement ; New York en septembre, où seront adoptés les ODD ; et Paris Climat 2015 en décembre.
Je crois que ce sont trois grands RDV pour l’expertise.
Addis et le financement du développement, par exemple : il va de soi que l’enjeu de soutien à la croissance des financements privés est décisif et en matière d’accroissement des ressources propres, notre accompagnement de la gouvernance financière peut faire la différence. Le savoir-faire de la France en matière de gouvernance financière est reconnu. Il nous faut le renforcer ! 
Les ODD dessinent le cadre du développement de demain. Je prendrai deux exemples, sur deux priorités.
La santé tout d’abord, avec Ebola. Cette crise nous a rappelé l’importance de renforcer les systèmes sanitaires locaux. Sans un système de santé opérationnel et solide, l’information, la prévention et la prise en charge sont insuffisantes et la pandémie fait rapidement des ravages. Expertise France, avec les opérateurs du monde de la santé qui l’ont rejoint, saura relever ce défi, j’en suis sûre.
La jeunesse ensuite. Les jeunes de 15 à 24 ans sont 1,2 milliards aujourd’hui, à 90% dans les pays en développement ou émergents. Ils devraient être 1,5 milliard en 2035. Cette jeunesse en forte croissance constitue à la fois une opportunité formidable pour le Sud ; mais aussi un risque majeur, si nous ne lui donnons pas les moyens de s’insérer dignement dans la société.
Des jeunes en butte à la frustration, à l’exclusion, sans perspective d’avenir, sans espoir d’être écoutés, respectés, considérés, sont des jeunes que nous poussons vers la violence, et dans certaines circonstances, vers le terrorisme. 
En matière de jeunesse, l’expertise va de l’appui à la formation professionnelle, au renforcement des capacités de la société civile, en passant par la formation scientifique et l’accès à l’emploi ou à l’auto-emploi, en particulier en milieu rural. Nous devons répondre aux aspirations de ces jeunes ! 
Le climat enfin. La priorité de cette année. Dans le domaine du climat, Expertise France se mobilise avec l’aide de l’AFD, pour offrir aux petits Etats insulaires et aux pays africains de l’appui dans la construction de leurs contributions à l’accord de Paris. La réalisation de ces contributions, qui sont de véritables plans d’action face au changement climatique, est indispensable à Paris, où chaque Etat prendra des engagements à la hauteur de ses responsabilités et de ses capacités. Mais au-delà, je pense à l’accompagnement des villes durables, ou aux modèles agricoles durables. 
Pour être à la hauteur de ces enjeux, je compte sur vous. Pour la première fois dans l’histoire de l’aide au développement, nous disposons d’une agence qui rassemblera de nombreuses compétences sur ces sujets essentiels, et qui  combinera ces compétences au service du renforcement des capacités au sud.
Je compte sur vous pour porter en bonne intelligence avec l’AFD notre savoir-faire, là où il sera utile, comme sauront le faire nos entreprises dans leur domaine.  
Je compte sur chacun d’entre vous pour mettre au service de cette nouvelle agence votre expérience, votre expertise, et votre enthousiasme !
Bon vent à Expertise France.