Mer & Océan : Soutien de la France à la Fondation Albert II de Monaco

Annick Girardin a retrouvé aujourd’hui le Prince de Monaco pour lui rappeler le soutien de la France à la Fondation Albert II, engagée pour la préservation des Océans. La France partage entièrement sa détermination à sauvegarder les ressources halieutiques et la bio-diversité maritime. Dans le discours suivant, la secrétaire d’État s’est réjoui qu’une « Plateforme Océan-Climat » réunissant des organisations de la société civile, des institutions scientifiques, des entreprises mais aussi des organisations multilatérales et des collectivités locales, se mobilise pour la COP21 :

Votre Altesse,
Monsieur le Président du Sénat, Mesdames et Messieurs les Sénateurs,
Mesdames et Messieurs les Députés, Mesdames et Messieurs,
 
Ce qui nous réunit ici, aujourd’hui, c’est le même amour partagé pour la mer : une mer vivante, animée, « recommencée » pour reprendre le mot de Paul Valéry. Or, « cette mer toujours recommencée » pourrait bien se voir transformer en véritable « cimetière marin » si nous n’agissons pas dès aujourd’hui pour la préserver !
La situation est critique. Les stocks de poissons diminuent en raison de la surexploitation. Les déchets constituent de véritables continents de plastiques. La biodiversité marine, la plus riche au monde, s’effondre avec des conséquences, au Nord comme au Sud, trop souvent dramatiques. Cette mer, qui est un trait d’union entre les hommes, nous rassemble aujourd’hui, comme elle rassemble les pêcheurs de Saint-Pierre-et-Miquelon et ceux du Sénégal, confrontés à la disparition des stocks de poisson.
 
Tout ceci est accentué par le dérèglement climatique.
  • L’acidification des océans est une catastrophe pour les coraux et la biodiversité en général.
  • La hausse du niveau des mers menace l’immense majorité de la population de la terre qui vit sur les côtes.
  • Source d’abondance, l’océan devient dangereux, lorsque les évènements climatiques extrêmes se déchaînent, comme aux Philippines, ou quand il provoque la migration forcée des habitants des petites îles du Pacifique.
Au regard des enjeux, je vous remercie d’avoir répondu, présents, à l’invitation du Club Mer et Océans. Remerciements à Marc Teyssier d’Orfeuil pour avoir été à l’initiative de cette rencontre. Nous nous connaissons bien, puisque j’ai été, jeune députée, membre fondatrice du Club Mer et Océans : j’ai présidé sa commission « ressources halieutiques et industries du poisson » !
Remerciements au Président Larcher pour votre accueil mais aussi pour votre engagement à mobiliser les parlementaires pour obtenir un accord ambitieux lors de la COP 21. Si ce sont les Etats qui négocient, ce seront bien les parlementaires qui ratifieront cet accord !
Remerciements à son Altesse le Prince Albert II– je salue l’énergie que vous déployez en faveur de la préservation des Océans. Votre implication, hier, dans la Fondation Prince Albert I, aujourd’hui, dans la Fondation Prince Albert II, est connue, reconnue et écoutée. Elle met en exergue votre détermination à sauvegarder les ressources halieutiques et la bio-diversité ! Vos prises de position pour l’arrêt de la capture du thon rouge en Méditerranée ont ainsi permis une reconstitution progressive des stocks. La France soutient activement vos démarches et nous nous réjouissons du ralliement de la Tunisie au fonds fiduciaire de la Fondation.
 
 
C’est pourquoi je me réjouis que la « Plateforme Océan-Climat » se mobilise autour de la COP21. Votre énergie, pour communiquer sur ces enjeux, mobiliser et impliquer les décideurs, apporter des solutions concrètes, sera plus que nécessaire. Car, si j’ai commencé sur une note pessimiste, je finirai par une note optimiste. Paris-Climat 2015 doit être un moment historique pour la préservation de la planète, et nous avons aujourd’hui toutes les cartes en main pour réussir. J’en veux pour preuve  les travaux du groupe ad hoc des Nations Unies sur la haute mer, le 23 janvier qui sont un motif d’espoir. L’accord obtenu sur le principe d’un instrument juridiquement contraignant autour du statut des aires marines protégées (AMP), sur le partage des ressources génétiques marines et sur le transfert de technologies est une avancée prometteuse sur une route encore longue ! Si la route est encore longue, la France continuera d’œuvrer activement à la rédaction du texte et à la poursuite des négociations, en lien avec Monaco, puisque le groupe haute mer fonctionne grâce au partenariat IDDRI/Fondation Prince Albert II.
 
C’est encore le début de l’année : souhaitons à ces travaux un plein succès en 2015.
Ainsi nous pourrons à nouveau écouter les paroles apaisantes et vivifiantes du poète !