Inauguration de l'expositon Maîtres de la Scuplture de Côte d'Ivoire

Affiche Avec Maurice Bandaman et Koko Bi

La secrétaire d’État a inauguré hier l’exposition Les Maîtres de la Sculpture de Côte d’Ivoire au Musée du Quai Branly en présence du Ministre de la Culture ivoirien, Maurice Bandaman.

Au Quai Branly 2 Au Quai Branly

Monsieur le Ministre,
Monsieur le Président du Musée du Quai Branly,
Mesdames et Messieurs, Cher amis,
 
C’est un grand plaisir pour moi que d’inaugurer avec vous cette magnifique exposition consacrée aux maîtres sculpteurs de Côte d’Ivoire, à l’art des Dan, des Gouro, des Baoulé, des Senoufo et autres peuples ainsi qu’aux artistes contemporains ivoiriens.
La Côte d’Ivoire est une terre de culture et de diversité, c’est une terre où le brassage humain se conjugue avec la richesse des formes artistiques. Haut lieu de la vie culturelle en Afrique de l’Ouest, la Côte d’Ivoire retrouve aujourd’hui un rôle moteur dans la région. Pour la France qui s’est toujours tenue aux côtés des Ivoiriens, c’est un motif de soulagement et de profonde satisfaction.
Et, si les crises violentes et dramatiques que le pays a traversées ont pu toucher durement de nombreuses institutions culturelles, elles n’ont jamais éteint cette vitalité créatrice multiséculaire à laquelle nous rendons hommage ce soir.
Je tiens à saluer ici le travail remarquable des commissaires Eberhard Fischer et Lorenz Homberger, ainsi que toutes les institutions culturelles qui ont travaillé ensemble pour nous faire découvrir les richesses de l’art ivoirien.
Par un travail scientifique fouillé, l’inscription de ces sculptures dans leur contexte géographique, religieux et social nous permet de mieux comprendre dans quelles conditions elles furent créés, et par là même, initie notre regard aux codes esthétiques et aux singularités artistiques de cette région. Cette démarche qui nous mène à une meilleure connaissance de la culture de l’autre est, pour moi, fondamentale. C’est d’ailleurs la marque de fabrique de ce Musée du Quai Branly, et il faut s’en féliciter.
 
 
Cette exposition nous rappelle que pour mieux échanger, partager et collaborer, nos pays doivent toujours mieux se connaître et faire connaître leur histoire comme leur culture. C’est dans cette dynamique d’échanges renouvelés et renforcés, que la France s’inscrit en Côte d’Ivoire : que ce soit dans le domaine économique, en contribuant à la réalisation du Plan National de Développement de la Côte d’Ivoire, dans le domaine scientifique, avec la modernisation des établissements ivoiriens d’enseignement supérieur, ou dans le domaine culturel, comme en témoigne la réouverture récente de la salle de spectacle numérisée de l’Institut français d’Abidjan, qui compte plus de 700 places.
Au-delà des liens économiques ou linguistiques qui unissent nos deux pays, la culture est un ferment qui contient en lui des promesses d’échanges plus intenses dans tous les domaines.  A l’image de cette exposition, la culture suscite le désir, la curiosité de l’autre, l’appel de la connaissance et ouvre la voie à l’échange et au travail commun. Elle élargit nos horizons.
 
Devant ces sculptures de bois ou de terre, devant ces masques qui incarnent souvent le rapport imprégné de sacré que les artistes ivoiriens entretiennent avec la matière, la forêt, la terre et la nature, c’est aussi inévitablement notre rapport à l’environnement qui est questionné.
Je tiens à cet égard à saluer votre engagement, Monsieur le Président [du Musée du Quai Branly], pour cette exposition qui est la première exposition « éco-conçue », permettant d’économiser bois et plexiglas.
J’aime l’art africain ! Ma maison à Saint-Pierre-et-Miquelon, petit archipel français proche des côtes canadiennes, est peuplée de masques et de sculptures rapportés de séjours africains, et notamment de Côte d’Ivoire. Leur présence chaleureuse compense en partie la fraîcheur de la température extérieure !
J’aurai d’ailleurs le plaisir de me rendre à nouveau dans votre pays, Monsieur le Ministre, dès la semaine prochaine.
 
Au-delà des échanges politiques qui se mènent aujourd’hui, notamment en vue de la conférence Paris Climat 2015, ce sont des moments comme celui que nous partageons ce soir qui construisent des ponts entre nos pays et rappellent la nécessité de permettre aux forêts ivoiriennes de continuer à fournir aux artistes la matière première de leurs œuvres.
Si le matériau est là, il vous restera, Monsieur le Ministre, à faire émerger des générations de sculpteurs ivoiriens pour le magnifier ! C’est tout ce que je souhaite à la Côte d’Ivoire et à ceux qui apprécient l’art qu’on y produit.
Monsieur le Ministre, je vous cède la parole en vous remerciant encore pour votre présence ce soir.