Clôture du Grenelle contre les violences conjugales : de nombreuses propositions qui émanent des territoires d’outre-mer

En septembre dernier, je lançais à SPM la déclinaison de la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté, financée à hauteur de 100 000 euros.  C’est aujourd’hui le plan de lutte contre les violences conjugales, dévoilé hier par le gouvernement, qui sera décliné sur notre Archipel, comme dans les autres territoires d’outre-mer.

En effet, j’étais hier à Matignon pour participer à la clôture du Grenelle des violences conjugales, en présence du Premier ministre, de Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations et de mes autres collègues du gouvernement qui ont participé à cette mobilisation.

Le grenelle a été lancé le 3 septembre 2019. Une date symbolique ! Le 03/09/19 est une référence au 3919, numéro d’écoute national destiné aux victimes de violences. Cette fois encore, la date n’a pas été choisie par hasard. Le 25 novembre, c’est la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.

Ce grenelle, ce sont 12 semaines de travail et de réflexion visant à proposer des solutions concrètes pour lutter toujours plus efficacement contre les violences conjugales. Il était impératif que les outre-mer soient pleinement intégrés à ces travaux.

Au ministère, un groupe de travail dédié à ce sujet s’est réuni chaque semaine pour élaborer des mesures adaptées aux réalités de nos territoires ultramarins – l’insularité ou l’absence d’anonymat par exemples.

Des grenelles locaux se sont aussi organisés un peu partout dans les territoires ultramarins : SPM a apporté sa contribution aux réflexions en organisant son propre Grenelle le 24 octobre dernier !

Certaines des propositions nationales sont issues des travaux menés dans les territoires, telle que la saisie des armes de l’auteur des violences dès le 1er dépôt de plainte par la victime ou encore l’éloignement de l’auteur dans une structure d’hébergement dédiée.

C’est cela, l’outre-mer des solutions !

Outre les mesures que je viens d’énoncer, nous avons identifié plusieurs enjeux auxquels nous avons souhaité répondre :

Pour qu’aucune victime ne soit mise de côté

Le 3919, numéro d’écoute national pour les victimes de violences conjugales, n’était pas accessible aux territoires d’outre-mer en raison des différents décalages horaires. Ce ne sera bientôt plus le cas : ce numéro d’écoute sera accessible 24h/24, 7jours/7 et adapté aux réalités locales (langues, aspect culturel, connaissance du territoire).

Éloigner l’auteur des violences plutôt que la victime et ses enfants

Les auteurs de violences conjugales seront pris en charge et orientés vers un hébergement dans des structures dédiées.

Soutenir celles et ceux qui font changer les choses localement

Pour soutenir les associations d’outre-mer engagées sur ces questions, le ministère des outre-mer a triplé son budget alloué à ces associations depuis 2017 : au total, ce sont plus d’1,4 million d’euros que le gouvernement a versé en 2019 aux associations de lutte contre les violences conjugales, dont plus de 150 000 euros pour SPM.

En finir avec les stéréotypes sexistes dans les publicités

La publicité joue un rôle indéniable dans nos sociétés contemporaines. Il est indéniable que les clichés sexistes véhiculés dans les publicités participent à la prolifération des violences conjugales. Pour y répondre, nous lancerons prochainement une campagne de sensibilisation auprès des acteurs de la publicité en outre-mer.

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Aujourd’hui, nous dénombrons 138 femmes victimes de féminicides. Il était temps d’agir.